Jean Levant 's Website
Amiens, France
"MOTS HISTORIQUES"

 
Charles de GAULLE (1890 - 1970)
La réforme oui, la chienlit, non !

24 mai 1968

Ces mots ont été prononcés par le Général de Gaulle le 24 mai 1968 lors d'une allocution télévisée, annonçant la décision du chef de l'état de procéder à un référendum sur la participation.
Le mois de mai 1968 a été marqué en France par une révolte estudiantine relayée par des mouvements de grève ouvriers. Tout commence le 22 mars avec l'arrestation dans l'université de Nanterre de quelques étudiants du Comité Viet-Nam, opposé à la guerre dans ce pays. Face aux troubles qui suivent dans les universités parisiennes, il est demandé par le doyen Roche la fermeture de la Sorbonne. Celle-ci a lieu le 3 mai et est suivie à partir du 10 mai par la "nuit des barricades" au Quartier Latin, opposant plusieurs milliers d'étudiants aux Compagnies Routières de Sécurité. Le 13 mai, les partis d'opposition et les syndicats organisent une grande manifestation. Dans les jours suivants, la Sorbonne, puis de nombreuses usines sont occupées, alors que le Général de Gaulle effectue un voyage officiel en Roumanie. Mais face aux tensions grandissantes, le président français écourte son voyage et rentre en France le 18 mai.
Le 24, lors d'un discours télévisé, il s'écrit "la réforme, oui, la chienlit, non !" ; mais si ces mots sont restés célèbres, le discours présidentiel ne convainc pas : la contestation se poursuit, menée par les étudiants et les syndicats. A propos des Français, le Général de Gaulle dira alors, plein d'amertume : "un peuple de veaux, de veaux qui se couchent".
Les accords de Grenelle signés le 27 mai (octroyant une hausse sensible des salaires, notamment plus 35% pour le SMIG), le ras-le-bol naissant de la population devant les restrictions engendrées par les grèves, et la visite du Général de Gaulle le 29 mai à Baden-Baden auprès du Général Massu et des troupes françaises basées en Allemagne permettront la résolution de la crise.
A son retour d'Allemagne, le chef de l'état fait un nouveau discours radiodiffusé le 30 mai, où il annonce qu'il restera à son poste, malgré les injonctions de ses adversaires ("dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. J'ai un mandat du peuple. Je le remplirai"). Il annonce par ailleurs la dissolution de l'Assemblée et la tenue de nouvelles élections législatives. Ce discours entraîne spontanément plus d'un million de Gaullistes à manifester leur soutien sur les Champs-Elysées ce 30 mai, puis un raz-de-marée gaulliste un mois plus tard lors des élections législatives du 30 juin (358 députés sur 485 !).