Avant que la première Guerre mondiale ne vienne faire ses ravages, Hermies avait une jolie église construite en briques avec un clocher protégé par une couverture pointue à 6 pans en ardoise.

 

On trouve nombreuses traces de cette église sur des cartes postales anciennes qui la situe déjà en 1687.

 


 


Durant la première guerre mondiale, le village est au centre de nombreux combats entre soldats britanniques et allemands.
D' offensives en contre-offensives, il ne reste qu'un champ de ruines en 1918.

 

 


Après la première Guerre mondiale, la reconstruction commence. En quelques mois, une église provisoire faite de planches et de bois, à l'emplacement de l'actuel patronage, est édifiée. L'abbé Dufour et les paroissiens la terminent en 1919.


Mais décision est prise d'en bâtir une nouvelle. Hildephonse Richard, alors maire, aurait souhaité une ressemblance avec la basilique du Sacré-Coeur, ce qui expliquerait sa forme. Mais on doit cette forte inspiration romano-byzantine de l'église d'Hermies à Paul Decaux, architecte en chef
du Pas-de-Calais, qui collabore avec Etienne Crevel à sa reconstruction qui commence en 1922. Les travaux vont durer une dizaine d'années.
La réalisation des fondations a demandé plus d'un an, et les anciens d'Hermies ne manquaient pas de rappeler « qu'il y a autant de béton sous terre qu'au-dessus car il avait fallu combler une partie du souterrain ».


Paul Decaux érige alors un immense édifice de béton armé, d'une grande clarté, tant extérieure qu'intérieure, accentuée par les 28 vitraux blancs de l'imposante coupole.

 

 




Les photos ci-dessus montrent l'avancement des travaux à la date du 25 juillet 1926, le jour de l'inauguration du monument au mort.

 


Les dommages de guerre perçus par la commune ont totalement été investis dans l'édification du bâtiment.
Aussi sont-ce les paroissiens qui ont payé l'aménagement de l'intérieur de l'église, et notamment les magnifiques vitraux portant les noms des donateurs.
Les trois cloches furent baptisées le 8 mai 1932 et le premier office y fut célébré en 1934, entraînant la destruction de l'église provisoire.
Édifice roman byzantin, l'église Notre-Dame se distingue par un dôme qui culmine à 30 mètres et d'un clocher supportant, à plus de 40 mètres, une statue de la vierge, symbole de Notre-Dame patronne d'Hermies. L'église peut être aperçue à des kilomètres à la ronde au coeur de la campagne artésienne.

  Edifice roman byzantin disposant d'une coupole centrale qui éclaire le choeur par une rangée de vingt-huit vitraux blancs de 2m80 entourant le dôme.
L'entrée se fait par un portail en plein cintre encadré par deux colonnes géminées. Le massif d'entrée est contrebuté par deux absides latérales. La tour-lanterne est construite en hors-oeuvre, elle est de style néo-flamand.
Abat-sons à base octogonale. Une icône du père André-Marie est présente devant le tabernacle. Le tympan contient 2x3 anges en prières. La nef est sans colonne ce qui donne l'impression d'espace et de volume.
Le dôme culmine à 25 mètres de hauteur. Les vitraux furent posés par J. Largillier entre 1932 et 1939.

 

 

 

 

 

Une statue de la Vierge est présente au-dessus du clocher, elle mesure 25 mètres de haut.

Mais cette statue, si vous regardez bien ... n'a pas de tête.

Si vous visitez l'église Notre-Dame d'Hermies, allez faire un tour du côté de la chapelle des fonds baptismaux.

L'histoire d'un "miracle" vous y est contée:

Le 31 mai 1963, comme chaque année pour la fête du Saint Sacrement, les enfants et les fidèles qui devaient participer à la procession étaient groupés au pied de l'église.
Tout à coup, alors qu'un orage éclatait, la foudre s'abattit sur la statue de la vierge qui se dresse au sommet du clocher, à plus de 40 mètres.
La tête de la statue, de 50 kg, tomba sur le sol au pied des paroissiens groupés, projetant partout des morceaux de matériaux.
Et c'est avec une joie mêlée de stupeur que l'on s'aperçut aussitôt que personne n'avait été blessé.
La tête tombée est gardée dans les fonds baptismaux.
Vous pouvez admirer le visage aux traits linéaires nettement géométriques et pourtant raffiné.

 

 
 
La chapelle des fonds baptismaux renferme un autre trésor: l'entrée retrouvée des muches ouvertes en 1840 mais datées d'une origine gallo-romaine (entrée d'un véritable village souterrain).
Les souterrains d'Hermies ont longtemps été ignorés et certains doutaient même de leur existence, jusqu'à ce que en 1840, un éboulement fasse découvrir une excavation permettant d'y pénétrer.
Le récit de cette découverte est relaté en 1873 dans le "Dictionnaire historique et archéologique du Pas-de-Calais. Tome 1", publié par la commission départementale des monuments historiques. C'est le chanoine Eugène Van Drival (1815 - 1887), archéologue qui nous en retrace les circonstances assez curieuses.