Les habitants d'Hermies s'appellent les Herminois (surnom: les Fournions)

Superficie: 1305 ha.

Altitude: 82 à 121 mètres.

Population de la commune:
en 1906: 2340 habitants
en 1914: 2386 habitants
en 1940: 1340 habitants
en 1990: 1138 habitants
en 2006: 1169 habitants

 

 

Autrefois Hermies s'est appelé Ermÿ, ensuite Hermis puis Grand Hermies.
On retrouve le nom Grand Hermies dans une transcription d'un jugement du 12 décembre 1765 par le Conseil d'Artois, où il est dit qu'un nommé Jean-Baptiste Genez, dit Fabiette, soldat invalide, du village de Grand Hermies, convaincu de plusieurs attentats à la pudeur, généralement commis sur les grands chemins, fut condamné aux galères. Comme il ne pouvait ramer sur les galères du roi à cause de son infirmité, la peine fut commuée en détention perpétuelle dans une maison de force.

Le nom d'Hermies viendrait, d'après M. Harbaville et son dictionnaire des communes, du dieu mythologique Hermès. Il y aurait eu, à cette place, un temple dédié au coursier ailé et diligent des Dieux.

En 1096, on trouve mention de la présence, au tournoi d'Anchin, d'un Chevalier Gervais, sire d'Hermies. Ce qu'il faut savoir, c'est que tous les chevaliers admis à ce tournoi devaient prouver seize quartiers de noblesse, huit du côté du père et autant du côté de la mère, et que tous ceux qui ont participé à ce tournoi se sont croisés.
Les rôles territoriaux de 1569 indiquent que François de Melun, Comte d'Epinoy, Baron d'Antoing, était possesseur de ces terres. Ce seigneur, également Châtelain de Bapaume était Chevalier de la Toison d'Or en 1515.

 

 


 

 


Il semble qu'au 18ème siècle, ce soit le Prince de Soubise, Duc de Rohan-Rohan et Pair de France, Prince d'Epinoy et Duc de Ventadour qui détienne le fief. Le dernier possesseur des terres d'Hermies fut le doyen de l'Eglise métropolitaine de Cambrai, le Marquis François de Carondelet.


Une peinture des albums de CROY représentant le village d'Ermÿ (Hermies) vers 1600.


Merci à Alain Dhermy pour cette photo

 

 

D'importants souterrains appelés également muches y ont été découverts en 1840.
Ces souterrains comptaient de nombreuses rues ainsi que 115 chambres formant plus de 300 cellules.
Ils sont malheureusement interdits à la visite.

Découvrez une histoire extraordinaire

"L'énigme des muches"

 

De violents combats ont opposés dans ce petit village les Anglais et les Allemands entre 1917 et 1918. Aux mains des Allemands, Hermies est repris au matin du 9 avril 1917, grâce à une attaque surprise des 2e et 3e bataillons d’infanterie australiens.
En mars 1918, lors de la grande contre-offensive allemande, la 17e division nordique doit abandonner le village qui est finalement libéré en septembre 1918 pendant l'avance finale à la ligne de Hindenburg.
Hermies a été entièrement détruite durant cette guerre.
L'église Notre Dame a été reconstruite après 1918.
Après la première guerre mondiale, Hermies a été adopté par la ville du comté de Huddersfield. La commune a reçu en 1920 la Croix de Guerre.
Durant la seconde guerre mondiale on compte 2 militaires « Morts pour la France » à Hermies.
C'est le 25 juillet 1926 qu'a été inauguré en grandes pompes le monument aux morts d'Hermies.
Voir les photos de cette inauguration (clichés offerts par M. Michel Verchain, avec tous mes remerciements).

 

 

Hermies a payé un lourd tribut lors des 2 guerres mondiales.
Le village compte 102 militaires « Morts pour la France » durant la Grande Guerre et 2 au cours de la guerre 1939-45.
6 soldats et aviateurs du Royaume-Uni et 2 soldats australiens ont été enterré par les allemands au cimetière communal d'Hermies.

Près de 100 soldats reposent dans le petit cimetière anglais. Ce cimetière a été utilisé d’avril à décembre 1917 par les unités combattantes et les ambulances de campagne.
1 036 soldats reposent (dont 983 britanniques et 43 australiens)au grand cimetière anglais. Ce cimetière a été ouvert en novembre 1917, puis utilisé par les unités combattantes britanniques jusqu’en mars 1918. Quelques tombes y furent ajoutées en septembre 1918 et des tombes y furent regroupées après l’Armistice.
Un officier et 20 N.C.O.’s et soldats du 2ème bataillon d’infanterie australien tombés le 9 avril 1917, reposent également au cimetière australien situé au Nord-Ouest du village.

 

Au début du 20ème siècle, le tissage est la principale activité industrielle d'Hermies, en particulier avec l'usine à mouchoirs de Valence Pradoura et le tissage Peugnet.
A cette époque tout les habitants d'Hermies travaillaient beaucoup, et dans chaque maison toute la famille s'activait très tard le soir avec le travail déposé par les petites usines de tissage et repris lors de nouveaux dépots. Entre autre, il fallait couper les fils, ourler et plier les torchons ou les mouchoirs. Il fallait aussi les assembler à l'aide de cordon avec un joli noeud. Voilà pourquoi on a comparé les habitants d'Hermies à des fourmis qui s'activent tout le temps. Ceci est d'ailleurs rappelé dans une chanson de cette époque: Le chant des fournions.

Une fabrique de boutons est également en activité dans la rue de la gare et sitôt la sortie d'usine les ouvriers boutonniers vont se désaltérer à l'estaminet Prince-Cathelain situé en face.

La gendarmerie nationale est, quant à elle, installée rue des Prêtres.

L'abreuvoir du village, muré en 1898, est à la disposition du bétail qui vient s'y rafraîchir.

La gare accueille les voyageurs sur la ligne qui va d'Achiet le Grand à Marcoing et 2 hôtels sont à leur disposition sur la grand place où chaque semaine a lieu un grand marché.
Un grand restaurant se trouve rue d'Havrincourt.

Puis vient la première guerre mondiale qui ne laisse partout que des ruines et désolation. Il faut tout rebâtir. On commence par construire une école lacustre, en bois, près de l'abreuvoir ainsi qu'une chapelle provisoire, puis des abris en tôles ou en bois.
La guerre terminée, tous se mettent à reconstruire le village. La briqueterie tourne à plein régime
Une à une les maisons sortent de terre, les hôtels, la mairie, l'église ...Hermies renaît de ses cendres.

 

Le chant des fournions
(chanté par Hortense Dhermy épouse Gachet née le 17 février 1907, à l'occasion de ses 100 ans)

 

V'là les fournions!

« V'là les fournions, les vrais fournions
d'alentour la belle jeunesse
ils sont heureux
ils sont joyeux
aussi aimables qu'amoureux.;
v'là les fournions, les vrais fournions.. »



Des fouilles archéologiques ont été conduites à Hermies entre 1993 et 2003, dans le cadre d’une recherche programmée. Celles-ci ont permis de mettre à jour deux gisements moustériens “ le Champ Bruquettte ” et “ le Tio Marché ”.
Ces gisements se situent dans une petite vallée sèche, à 900 mètres l’un de l’autre, sur le même versant vers 85 m d’altitude. Ils ont été découverts au début du XXème siècle, à l’occasion du creusement du Canal du Nord.